mercredi 4 mai 2016

Message personnel


Etoile:

Mon amour de jeunesse,




Un quart de siècle bientôt que tu es parti, sous le ciel de Provence, là-bas. Un beau jour d’été rutilant de chaleur sourde. Où es-tu, mon papillon de nuit ? Je me rappelle…La minute de silence, l'air empli d'amertume, attention les copains, serrés les uns contre les autres, devant ta tombe claire, à jamais tristes…Ça ne tient pas debout, que tu sois parti comme ça. Tu ne devais jamais partir…Mais tu m’avais en quelque sorte prévenue de ton départ. Quand je te demandais seras-tu là, toujours, quand j’aurai besoin de toi,  tu me répondais que l’amour est bizarre, et que sans splendide hasard, ce n’est pas la peine de vivre……Le splendide hasard s’est évanoui ce soir d’août, et tu as rejoint ton paradis blanc.
Oh, tu étais ma lumière du jour, tu sais, et maintenant ton piano qui dansait n’est plus qu’un refuge pour les oiseaux. Ecoute la musique ! Elle joue encore dans mon cœur. Souvent je lui demande de me donner du courage. De me dire que l’amour existe encore. Tu me disais  laisse-toi vivre, vis ta vie comme dans un livre …oui mais sans toi, c’est difficile ! Les princes des villes se sont succédés dans ma vie, mais aucun n’a balancé comme toi, à Paris ou ailleurs…Evidemment, toi, ton credo, c’était bats-toi, résiste, alors je résiste, je débranche, j’ose, je laisse passer les rêves, mais qui saura dire les mots qu’il faut pour me comprendre ? Les gens disent de moi oh, celle-là, tout la fait pleurer pour un rien…  Pourtant je suis libre dans ma tête, et je danse sur la glace mais déjà je suis loin et nulle part ailleurs en même temps…Tu vois, si le dégoût de la vie vient en moi, si la paresse de la vie s’installe en moi, je pense à toi et je cours jusqu’à perdre haleine…
Je te revois debout devant ton piano, simplement sur tes deux pieds. Alors je viens te retrouver, car je suis pour toujours la groupie du pianiste le plus merveilleux, celui qui chantait pour ceux qui sont loin de chez eux. 


Mademoiselle C.




¸¸.•*¨*• ☆




Pour l'atelier d'écriture de Filigrane
Clin d'oeil à l'homme.

dimanche 1 mai 2016

Cocktail de vitamines

Sous-titre: ça fait du bien ...


Tips on Life & Love Blog - Are You Good Enough?:

J'assistai récemment à un « webinaire », délicieux barbarisme (ou solécisme ?  bref un néologisme) désignant un séminaire sur le web. 
Le conférencier y parlait de la « synchronisation des ondes des deux hémisphères cérébraux ». Le sujet était passionnant, vraiment : ça expliquait comment les ondes (alpha, beta, gamma et caetera) ont une influence sur nos émotions et comment leur utilisation judicieuse peut nous aider à augmenter notre estime de soi, notre bien-être intérieur...
Le monsieur vendait, évidemment, à un prix exorbitant des enregistrements censés nous faire du bien, nous rendre plus forts, plus beaux et mieux dans notre vie...
L'inventivité des charlatans n'a pas de limite. Et la crédulité non plus.

Moi, quand j'ai un coup de mou,  je cherche dans ma playlist un truc qui me fasse frissonner les neurones,  et me donne envie de courir au bord d'un ruisseau frais bordé de cresson bleu...Et franchement, je vais vous dire, ça marche ! Je suis sûre que vous avez expérimenté ça mille fois...

-Un petit cocktail d'ondes alpha, mademoiselle ?
-Oh, Frankie, oui, je veux bien flying avec you...






jeudi 28 avril 2016

Grand-Mère Feuillage



"Je n'entrerai pas dans votre cœur pour limiter sa mémoire.
Je ne retiendrai pas votre bouche pour l'empêcher de
s'entrouvrir sur le bleu de l'air et la soif de partir.
Je veux être pour vous la liberté et le vent de la vie qui
passe le seuil de toujours avant que la nuit ne devienne
introuvable."
René Char


Photo Sylvie Kapal



Pour un simple moment de grâce, 
 devenue Pocahontas, 
 je me suis assise auprès 
de Grand-Mère Feuillage.
Je lui ai crié silencieusement pourquoi on doit mourir ?
Elle m'a parlé de la Terre
 fertile et nourricière, 
des êtres qui passent en catimini, fragiles grains de sable fin comme des cheveux
de la poussière du temps, voile gris, linceul
de l'air du vent et du chant muet des étoiles. 
Elle a touché mon coeur de son coeur végétal. 
Elle a eu des mots de sagesse indienne.
Que la mort fait partie de la vie, et qu'il faut l'accepter.
Que cet arrachement qui troue les paupières n'est qu'un ruisseau qui cesse de couler.
Que ce geyser rouge qui éclabousse l'âme n'est que le murmure de l'ombre
qu'il n'est pas d'ombre sans lumière ni de haut sans bas
Alors
J'ai fait couler un peu de la rivière, pourpre entre mes doigts effarés. 
Elle a lavé mon visage plein de sel.
 L'eau douce de la sagesse a adouci le sel de mes larmes. 
J'ai souri. 




Pour les jeudis poésie d'Asphodèle, un peu en retard...
Merci à Sylvie pour sa très belle photo de "vénérarbre" sympathique...

Logo des jeudis poésie pour ceux qui écrivent...



mardi 26 avril 2016

Inspiration


Inspiration, respiration...
« Tu m'inspires », disait-il, en écrivant avec chaleur des mots décrochés de la lune, lancés dans les rivières, pêchés dans les eaux claires d'une mer sauvage.  
« Tu m'inspires,  comme on envoie de l'air frais et neuf dans les poumons d'un noyé... »
Quand on cherche l'inspiration pour écrire, en fait, on cherche, au sens propre, de l'oxygène. S'asseoir au bord d'un de nos paysages aimés, ceux qui touchent aux racines profondes de notre intime,  écouter une musique qui fait vibrer nos antennes intérieures comme un archet sur un violon, humer un parfum qui titille doucement notre hypothalamus, se plonger dans les affres sublimes d'un auteur majeur, se perdre  dans les méandres de son écriture puissante, s'offrir à un ciel d'été comme une vestale au feu, voilà autant de façon de puiser l'inspiration. Etre connecté, en somme. Et puis il y a les gens. 
Il y a ceux qui traversent votre vie comme des ouragans dévastateurs, des tourbillons de poussière noire. Et il y a certains êtres qui passent  comme des brises fraîches sur nos fêlures, pénètrent doucement par nos failles pour changer l'eau de nos poissons asphyxiés. Des enchanteurs de vie.
Moi, c'est dans ces derniers que je trouve mon inspiration. Et que je sens, en prenant ma plume, ma poitrine se délier comme un ballon d'hélium qui part toucher le soleil. 
Et vous, qu'est-ce qui vous inspire ?

¸¸.•*¨*• ☆



vendredi 22 avril 2016

Sur ma route



Abeille, arabesque, ambre, arpenter, automobile, abricot, actif, azimuté, s’agenouiller, anamorphose, aimer, accroche-coeur, ajouter, affirmativement, approximatif, alléchant, ambiance, ahuri, agir, abreuver.






Pour les Plumes d' Asphodèle
Lire en musique ?  clic


***

Cette semaine ma vie a fait de jolies arabesques. 
Je reviens d'un pays où je me sens toujours bien.
Nul besoin de frotter une lampe à huile, inutile d'en faire surgir un génie. Vous savez, un de ces genres de Monsieur Propre, azimuté et bas de plafond, et surtout radin, parce qu'il limite toujours à trois le nombre de voeux...
Non, ici, c’est le pays des possibles en forfait illimité. 
J'étais avec des amis. Des amis précieux.
Entre amis, le programme est toujours alléchant. On se parfume à la fraise ou à l’abricot, enfin, où l'on veut, et la rosée de l'émotion fait perler aux fronts des boucles de soie humide en accroche-cœur. Et hop ! en route pour l'aventure !
Oui, je m’y sens bien. Je m'y sens à ma place.
Cette fois, on n'est pas parti très loin, mais par la vertu de quelques facéties, Sète ou Lyon peuvent devenir Syracuse ou Melbourne. 
C'était drôlement beau, si vous saviez !
On a suivi la route aux quatre chansons dans un fourgon automobile un peu approximatif,  bringuebalant, dont le moteur, affirmativement, résolument,  est un personnage à part entière. Ses trépidations font naître au creux des reins des idées harley-davidsonniennes.
Dans des jardins d’ambre et de roses, on s'est extasié, agenouillé pour observer un insecte ou une plante bizarres,  sans se sentir jugé, ou pris pour des ahuris. 
Ce sont des jardins où les abeilles et les papillons ne connaissent pas les bombes.
On a arpenté des quais mouillés où l’eau miroite sous la caresse du vent et vient lécher les coques des bateaux qui tanguent. Comme dans une étrange anamorphose, un miroir magique où l'on s'est vu beaux.

On a beaucoup ri. Oubliant pour un temps tous les tracas et les problèmes cruciaux de ce monde.
Quand on est ensemble, on a les zygos actifs en permanence,  il paraît que ça prolonge la vie...alors on se bidonne, on se pelote, on s’effleure, on s’effeuille, on s’étige...On s’aime quoi. On est des tactiles bavards en confluence...
On sème les mots qui s’envolent comme des parachutes pour se poser sur nos coeurs,  telles des graines de pissenlits que l’on souffle. On refait le monde.
Cette fois, on s'est abreuvé à nos sources, on a mélangé nos vents, chauds et glacés, de Tourcoing à Galway, de Palerme à Ghardaïa. On est tous d'origines différentes mais on est tous d'humanité. La soif de partage ne me quittait plus... 
Comme j’aurais aimé vous décrire encore l’ambiance de ce chouette road-trip ! Graver tous les détails qui m'ont éblouie. Mais j'ai épuisé tous les mots d’Asphodèle. Je n'ajoute rien, vous aurez compris combien j'ai adoré cette équipée sauvage.
Et puis si c'est trop long, il y en a qui vont râler...Si, si, j'en connais...
¸¸.•*¨*• ☆


(450 mots)

A mes Amis qui ont partagé avec moi ce voyage,  et à ceux qui auraient aimé en être...