jeudi 27 août 2015

Lumineuse


Photo du net
Il m'a dit que j'étais une lumière vibrante. Euh...palpitante. 
C’était si beau.
J’ai eu envie de le croire, même si la frontière est mince entre la vantardise égocentrée et la saine estime de soi…
Elle m’a dit : «  Il est des êtres qui font du soleil une petite tache jaune, et d’autres qui font d’une petite tache jaune un véritable soleil. »
 J’ai souhaité secrètement faire partie de la deuxième catégorie.
Et toi, toi tu m’as dit : « Ne doute jamais de ta lumière ».
Et moi, la fille du soleil et de la pluie, qui vit dans un pays où l’or coule du ciel en longues effluves brûlantes, et qui rêve d’un pays où les ciels gris et tourmentés déversent leurs crachins sur des landes désolées, j’ai en moi l’ombre et la lumière, mais je garde l’une et je dispense l’autre.
C’est pourquoi l’on me trouve si souvent lumineuse, même quand il fait nuit dans mon cœur.
Les yeux dans les yeux, lecteurs chéris, je vous le dis : « Ne doutez jamais de votre lumière »
Surtout quand EDF est en grève.

¸¸.•*¨*•

lundi 24 août 2015

Art et relativité




Imaginez…
Imaginez un monde où nous aurions la taille d'un chétif insecte. Chaque objet du quotidien nous apparaîtrait soudain comme monstrueux et menaçant.
Eh bien ce monde existe. Je l’ai découvert. C’est l’oeuvre d’un artiste nommé Claes Oldenburg. 
D'aucuns diront que ce n'est pas de l'Art...je ne sais pas trop...

Mais vous, qu'en pensez-vous ? Quelle est votre définition de l'Art ? 
Comment ça, vous êtes en vacances et vous n'avez pas envie de vous casser la tête ? 
Comment ça vous avez repris le boulot et vous n'avez pas le temps de vous casser la tête ? :-)
































Etonnant, non ? 
Alors, l'Art, vaste débat, n'est-ce pas, Jeanne ?
¸¸.•*¨*• ☆ 

vendredi 21 août 2015

La belle au banc dormant

Photo Daddy



Comme je ne sais rien refuser à mes lecteurs, j'ai écrit à la demande de Daddyrogers, ce petit conte, en espérant que vous ne dormirez pas debout avant la fin...

***


Il était une fois un dentiste veuf qui s’appelait Maurice. Il officiait dans la bonne ville de Marseille-sur-Mer. Tout allait bien pour lui, ses affaires tournaient rond. Sa fille Judy faisait des études d’océanographie à Luminy, une extension trois points zero de la ville. Le goût de la mer lui était venu en fréquentant sa meilleure amie Ariel, une jeune femme mystérieuse née sous le signe des poissons. Judy devenait chaque jour plus ravissante, avec son sourire forcément parfaitement éclatant. (Rapport à son père, qui, si vous suivez bien...)

Or, au bout d’un moment (et parce qu’il faut bien qu’il y ait à un moment donné une rupture dans la situation d’énonciation, sinon on se fait chier grave)  Maurice eut la mauvaise idée de se remarier avec Pulvilla,  une DRH au visage carnassier, gaulée comme une Porsche Carrera, et au sourire plein d’épines, qu’il avait rencontrée sur Bad Houx.  Il en avait un peu marre de la solitude, il faut bien le dire, et de se tirlipoter le schmilblick tout seul devant Netflix ou Youporn.

 Il demanda à Judy si cela ne la dérangeait pas trop, mais celle-ci lui répliqua qu’à son âge, il faisait bien ce qu’il voulait, du moment qu’il n’oubliât pas (comme ça lui arrivait parfois)  de lui verser des sous sur son livret jeune chaque premier du mois.
Au début, Pulvilla fit semblant d’être la belle-mère parfaite, elle dispensait à Judy ses sourires les plus mielleux tous les week-ends, tout en lui préparant ses pancakes préférés. Elle lui offrit même une fois une serviette éponge de plage personnalisée et brodée à leurs deux noms qu’elle avait commandée chez Edmée de Roubaix en promo.

Mais voilà qu’au bout d’un autre moment (nouvelle rupture censée casser le rythme languissant de ce conte à la noix de cajou ou de macadamia, au choix) Pulvilla tomba, en surfant sur le net, sur un article du Méridional vantant la beauté parfaite de Judy, qui venait de remporter le concours de Miss Calanques pour se faire un peu de thunes supplémentaires, rapport aux oublis de Maurice et surtout au coût faramineux des études supérieures dont Maurice n’avait qu’une idée obsolète datant au moins des années 60.

La belle-doche en éprouva un fort dépit, (pour ne pas dire une colère irraisonnée et mortelle) et versa dans le sirop d’érable de la jeune fille une dose léthale de méthamphétamines qu’elle se procurait au noir par son jardinier Albert qui l’était justement, noir, et lui rendait d’autres menus services (enfin quand on dit menus, c’est une litote, rapport à la couleur du jardinier qui, selon les poncifs circulant sur le manteau, procure de sérieux avantages centimétriques aux individus mâles la possédant. Mais je m’égare). Une dose donc capable de mettre un gnou à genoux, voire de l’assommer définitivement. Une mégadose.


La pauvre Judy n’eut que le temps de poser son IPhone sur la table avant de s’écrouler comme un âne mort sur le carrelage noir et blanc du salon. Pulvilla crut que c’était bon. Elle fit charger le fardeau dans le coffre de sa BM, et ordonna à Albert d’aller la déposer sur un banc très loin de là, entre Peypin et Cadolive et en espérant que la maréchaussée la ramassât et conclût à la mort par overdose d’une junkie anonyme. (Comme vous le voyez, son usage personnel de la Meth avait altéré le jugement de Pulvilla de façon stupéfiante)

Albert obéit, dans un premier temps, allongea la jeune femme sur un banc, et dans un sursaut d’humanité,  lui protégea le visage du soleil pernicieux de la garrigue avec sa casquette de chauffeur (oui car il était aussi chauffeur à seize heures) Puis il l’enroula, comme dans un linceul, dans  l’hideuse serviette de plage.

Mais sur le chemin du retour, pris de remords, (et surtout parce que le parfum de la jeune fille lui avait tourné la tête)  il rebroussa chemin,  retrouva le banc et roula un palot mémorable à la belle qui se réveilla comme par magie (Ben oui, c’est un conte, je vous ferai dire) sous la langue experte d’Albert qui en pratiquait couramment plusieurs. Le sale petit bonhomme à la flèche assassine (vous l'aurez reconnu j'espère) venait de faire son travail mieux que Meetic et Attractive World réunis.

Il ne leur resta plus qu’à assigner la méchante pour tentative d’assassinat et subornation d’employé de maison.

Puis ils se pacsèrent, eurent 1,82 enfants, et vécurent heureux ensemble jusqu’à leur divorce.





mercredi 19 août 2015

La loi des séries
















Salut, vous, chers lecteurs de Célestine

Voilà, je vous écris…d’un monde meilleur. C’est pas mal ici. Je suis bien installé. J’ai un petit coin de nuage pour moi tout seul.
Je sais…je lui ai fait un sale coup à ma maîtresse. Elle était à peine remise de la disparition de mon colocataire, cette tête brûlée de Cookie qui s’est fait avoir comme un bleu avec une boulette empoisonnée, il y a trois mois. Je lui avais pourtant dit de se méfier, à ce pied-tendre.

C’est ce qu’on appelle la loi des séries. Il y a trois semaines, le chat de son amie Eva n’a pas entendu la voiture de son maître et s’est retrouvé changé en galette de Pont-Aven sous les pneus : ç'a été radical pour sa carcasse !
Et voilà que je suis parti comme ça, moi aussi, après quelques semaines de souffrance. Des suites d’une longue maladie, ils auraient dit aux infos. J’étais devenu maigre ! Un vrai stoquefiche, comme on dit à Marseille…le véto n’a rien pu faire pour me garder en vie. Il a pourtant tout essayé, mais vous savez ce que c’est. Quand c’est l’heure, c’est l’heure.
Alors là je vois bien qu’elle n’a pas trop le courage de vous écrire. Et puis elle se dit que de s’éplorer pour un chat, ce n’est pas très correct. Avec tout ce qui se passe dans le monde…
 Mais voilà. Je dois vous avouer que j’étais un peu plus qu’un chat pour elle. J’étais le compagnon de jeu de ses mouflets depuis très longtemps. (Dame, une vie de chat, c'est long, pour un chat !) 
Je fus le confident de ses secrets (j’ai toujours été nickel question gardage de secret, sans me vanter !)
 J’aimais me vautrer sur le clavier de son ordinateur (il y faisait bien chaud) je ne comprenais pas en quoi ça la dérangeait tant que ça...Elle n'écrit quand même pas des chefs-d'oeuvre de la plus haute importance...
Jamais un coup de griffe, ou un miaulement plus haut que l’autre. Je ne perdais presque pas mes poils...Je me serrais contre sa cuisse, l’hiver, quand elle regardait ses films à la gomme arabique. Des films dans lesquels  il n’y avait même pas la demi-queue d’une souris, c’est vous dire ma patience.
Bref, en toute modestie, on peut dire que j’étais le chat parfait.Je ne lui en ai même jamais voulu de m'avoir donné un nom de fille, me faire ça à moi...

Allez, ne soyez pas tristes. Je suis bien, je vous dis ! 
Et tenez, dites donc à ma maîtresse de scruter ses chères étoiles ce soir. J’agiterai un peu ma patte, à vingt-deux heures vingt-deux. Je sais qu’elle aime bien cette heure-là.

Vanille