lundi 11 décembre 2017

François-René

 
Photo  Céleste (floue, mais authentique)



Ses belles mains aux doigts agiles et fins courent sur le clavier en virtuose depuis presque soixante ans. C'est un enfant chéri d'Euterpe. Un prodige de la musique.
Ce soir, il jouait dans une splendide abbatiale de province pleine à craquer, entouré d'un choeur d'hommes et d'un récitant qui faisait envoler des mots somptueux,  un texte de soie et d'or, dans ce silence d'écho que seule les églises possèdent, quand les souffles se suspendent au sublime. 
C'était beau, bon et doux. De l'émotion à l'état brut. De la joie en paillettes.
Ça sentait Noël jusque dans le coeur des gens, des mandarines et des bûches pâtissières qui ont suivi le spectacle.
Il est venu rencontrer son public, en toute simplicité.
Un verre de clairette à la main, je suis allée discuter avec lui. Il est humain,  enjoué, passionné. Un peu timide aussi. Un peu mélancolique par moment, j'ai senti, comme si Chopin habitait encore tout un pan de son âme.
Au fil de la conversation, ce qu'il me raconte de son parcours me rappelle de plus en plus quelque chose...
Et puis soudain, bon sang mais c'est bien sûr...Ce pianiste, brillant qui, en pleine gloire internationale, laisse tout tomber, les honneurs, les hôtels de luxe, le fric, les fracs et les queues de pies...pour aller jouer dans les prisons, les hôpitaux, les maisons de retraite, sur les lacs et les plages et même sur un glacier...Ce « pianiste social », ce pianiste du coeur...c'est Albert Dupontel dans « Fauteuil d'Orchestre ». Ah...la scène où il se met en tee-shirt en plein concerto de Schumann...C'est un pur délice. J'ai toujours aimé quand le héros pète un plomb salutaire au cinéma.

François-René confirme: dans le film, ce sont ses mains qui sont filmées. Et c'est bien son histoire. Il a « coaché » l'acteur tout au long du tournage. C'est fascinant, les parcours atypiques. Les gens qui renoncent à la gloire, qui lâchent tout du jour au lendemain. J'aime ça. J'aime l'idée que la sobriété heureuse prime sur le faste et l'argent. J'aime cette humanité-là.
Je vous le laisse découvrir sur son site, ou ci-dessous, pour une valse étourdissante. 
Moi j'ai les yeux encore tout piquetés d'étoiles.


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Merci à mon ami Pétrus qui m'a invitée à cette soirée hors-norme.